Dehors, les bourreaux de travail !

La culture occidentale aime beaucoup la figure du bourreau de travail. On entend parler de gens qui travaillent jusqu’à l’aube, passent des nuits blanches et dorment au bureau. Se tuer au travail est très bien vu. On ne travaille jamais trop.

En fait, cette attitude est non seulement inutile mais idiote. Travailler plus ne signifie pas être plus dévoué ou plus productif. Travailler plus veut seulement dire… travailler plus.

Les bourreaux de travail finissent par causer plus de problèmes qu’ils n’en règlent. D’abord, travailler autant n’est tout simplement pas viable.

Quand l’épuisement professionnel frappera ­ ce qui ne manquera pas d’arriver ­, les dégâts seront considérables. Mais il y a plus. Les bourreaux de travail font fausse route. Ils tentent de résoudre des problèmes en multipliant les heures qu’ils y consacrent. Ils essaient de compenser la paresse intellectuelle par la force brute, ce qui donne des solutions inélégantes. Ils provoquent même des crises. Ils ne cherchent pas à devenir plus efficaces parce que, en réalité, ils aiment faire des heures supplémentaires. Ils aiment se prendre pour des héros. Ils créent des problèmes (souvent involontairement) pour pouvoir continuer à se défoncer. Les bourreaux de travail s’arrangent pour que leurs collègues qui ne restent pas le soir se sentent mal à l’aise de travailler « seulement » de manière raisonnable. Cette mentalité engendre des sentiments de culpabilité et démoralise les employés. Pire, elle favorise le présentéisme ­ les gens traînent tard au bureau par pure obligation, même s’ils ne sont plus productifs.

Quand on ne fait que travailler, le jugement s’altère, les valeurs et la capacité décisionnelle sont faussées. On n’est plus en mesure de décider ce qui mérite ou non un effort supplémentaire. On est vidé, tout simplement.

Personne ne prend des décisions éclairées sous l’effet de la fatigue. Les bourreaux de travail n’abattent pas plus de boulot que ceux qui travaillent normalement. Ils se disent perfectionnistes mais, en réalité, ils perdent du temps en s’attardant à des détails insignifiants plutôt que de passer à la tâche suivante. Ce ne sont pas des héros. Ils ne sauvent pas la situation, ils ne font que l’utiliser. Le véritable héros est déjà rentré chez lui parce qu’il a trouvé une manière plus rapide de faire les choses.

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